Depuis mon arrivée à Marseille, j’ai assisté à un certain nombre de lectures de poésie (au cipM, dans des librairies...) ; j’en ai tiré « Des poètes au micro », une série de courts portraits qui paraît dans la revue Fragile et qui comprend pour l’instant des textes sur :
J’ai commencé, dans le cadre de mon travail sur les rapports entre maladie et poésie, un journal de recherche-création sur Remue.net : j’y publierai régulièrement du matériau (fragments de textes, notes de lecture...) qui nourrira mon projet (dont la présentation peut être lue ici).
...il a un pacemaker, elle a une perfusion, il a été transplanté, elle est sous chimiothérapie, il prend ses pilules, elle fait de la rééducation : partout, ils et elles, c’est-à-dire nous, sommes malades. À tâtons, je cherche où se nichent les cellules dégénérées, derrière quels mots elles se cachent, ce qu’elles disent de nous et ce que nous avons à dire malgré elles. C’est-à-dire que : je parle de nos corps dévorés. Lire.
J’ai eu l’opportunité de participer au festival de la Grange aux Belles où j’ai lu un texte écrit lors d’un workshop mené par Pierre Vinclair et Aurélie Foglia, puis deux extraits de mon livre Bleue et je te veux bleue. L’intégralité du festival a été diffusée en streaming ; on y entend des lectures-performances de Maud Thiria, Christophe Manon et Séverine Daucourt.
Poezibao a fait paraître un cahier d’hommages en mémoire de Philippe Jaccottet, mort le 24 février ; j’y ai écrit un texte, aux côtés d’autres poètes et de certains traducteurs de Jaccottet.
...dans mon petit jardin écartelé entre la vie et la mort, tout allait bien, rien n’allait bien, et c’est cette tension elle-même qui donnait un sens aux choses et me faisait croire, malgré tout, à cause de tout, au mystère du réel – avec pour compagnons, sur un coin de la table en bois, les livres de Jaccottet. Lire.
J’ai écrit un texte pour la série « Temps d’arrêt » (également traduit en roumain), série qui invite des écrivaines et des artistes à exprimer leur ressenti par rapport au confinement du printemps ; on y trouve également des contributions de Georges Banu, Geneviève Damas...
...l’écriture s’effectue toujours dans une forme de confinement : c’est, au moins, le confinement de la page. On peut être dans le café le plus bondé de Paris, on sera toujours confiné quand on écrit : d’un coup, on est enfermé entre les bordures d’une feuille ou d’un écran, et le monde s’efface. Lire.
J’ai proposé à Poezibao un bref essai sur Philippe Jaccottet à l’occasion de son quatre-vingt-quinzième anniversaire.
...la poésie de Jaccottet brûle d’une ambition vouée à l’échec – un échec qui est une réussite parce qu’il communique son feu au lecteur. Il lui donne envie de poursuivre la quête, de continuer à chercher une façon de dire l’illimité, l’épiphanique – ce qui va au-delà de l’évidence. Pas avec le même langage, bien sûr, pas avec les mêmes outils : la poésie n’est pas une quête unique, mais une pluralité de quêtes qui se croisent, se superposent, parfois se fuient ; ce qui compte, c’est qu’elles s’enthousiasment entre elles et qu’elles soutiennent leurs feux mutuels. Lire.
Les actes du colloque international « Sylvie Germain et les mythes » (Cluj-Napoca, Roumanie) ont paru. J’y ai écrit un article intitulé « Hors champ : la guerre de l’homme et du mythe ». Plus de détails sur Fabula ou chez l’éditeur.
...en sortant du champ de netteté, Aurélien se mêle à son arrière-plan, qui n’est autre que le tissu du mythe, et le lecteur finit par ne plus savoir qui, d’Aurélien ou du mythe, est le sujet du roman. C’est cela que nous tenterons de démêler : dans le flou généralisé qu’établit Hors champ, quel est le sujet véritable ? Lire.