Poets in Transylvania

septembre 2017

Une nuit

	Il paraît que certaines montagnes sont chauves et que sur le sommet de leur crâne, on peut passer la nuit. Que c’est doux, qu’on y dort bien – même l’homme qui a peur et qui, dans son sommeil, guette sans cesse l’ombre du rêve.
	Il paraît que ces montagnes chantent et que leur voix est belle, mais de cela on n’est pas sûr.
	Il paraît que sur ces montagnes, la nuit est si calme qu’on y entend les battements de son cœur jusque dans l’extrémité de ses doigts.
	Il paraît que si du sommet de ses montagnes, on s’élance dans le vide, elles nous rattrapent au creux de leurs plis et nous déposent délicatement sur un nuage où l’on peut reposer – en paix.
	Il paraît que ces montagnes n’existent pas (vraiment).
	Mais il paraît que ce n’est qu’une rumeur.

Couverture du catalogue du festival Poets in Transylvania.

J’ai rencontré, à l’occasion de ce festival, des poètes formidables, dont la néerlandaise Inge Braeckman et le suédois Johannes Heldén (dont j’ai beaucoup apprécié le livre Astroecology, disponible en anglais).