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Pourtant n°1 ∙ août 2020
tape tape prend prend prend
tape prend prend tape tape
prend prend prend tape
prend prend tape tape
tape tape prend
prend tape
tape tape
prend
tape


	en un lancer,
	mélanger l’espace et le temps


		se nourrir du rythme,
		du plein, du vide, des
		éclairs de silence
		entre deux


tisser l’air
de mouvement


			(au creux du coude, bloquer :
			rien, ni même le vent, ne
			bougera le monde
			jusque-là roulé)


	droit debout,
	poursuivre


				tenir la mesure,
				la cadence à
				deux mains


	respirer et ne pas oublier
	d’avoir peur


			nécessairement, chuter :
			ramasser sans rougir et
			recommencer encore


du bout des doigts,
construire un
château d’air


			prêt à accueillir le visiteur
			à l’instant où il frappera :
			serrer la main


					la paume ouverte en
					trois petits
					points

tape prend tape tape prend tape tape tape prend prend prend tape tape prend prend prend tape tape prend prend tape tape tape tape prend prend prend

Couverture de la revue Pourtant. Ce poème est issu d’une série tournant autour de l’art fragile du jongleur : il a été publié dans la premier numéro de la revue Pourtant, dont on peut trouver un aperçu sur Google Books. Ont également publié dans cette revue, entre autres : René Frégni, Christina Mirjol, Claudine Londre, Jacques Cauda, Florentine Rey, Isabelle Minière, Derek Munn, Gabriel Henry...